Table des Matières
1.0
Introduction
1.1
Contexte - La nécessité d'un projet interprovincial de réforme du régime
de réglementation des valeurs mobilières
Les marchés des capitaux évoluent à un rythme
sans précédent. Le secteur financier est en pleine transformation, mû
par la convergence des fournisseurs de services financiers, par la concurrence
internationale pour attirer les investissements et le capital nécessaires
à la croissance économique, ainsi que par les progrès de la technologie
de l'information.
Ces forces affecteront encore les marchés dans les prochaines années.
Organismes de réglementation, représentants du secteur des valeurs mobilières
et juristes ont fait valoir que le régime de réglementation des valeurs
mobilières est susceptible d'amélioration, particulièrement par la levée
des barrières qui entravent les émetteurs et les personnes inscrites désireuses
d'accéder aux marchés des capitaux de plus d'une juridiction canadienne.
Les autorités en valeurs mobilières du pays ont ainsi entrepris diverses
réformes d'importance visant à harmoniser et à simplifier la réglementation
et les procédures administratives du domaine des valeurs mobilières. À
la fin des années 90, elles ont élaboré et adopté le Régime d'examen concerté
(REC) et le Système électronique de données, d'analyse et de recherche
(SEDAR). Au cours des derniers mois, elles ont mis en œuvre la Base de
données nationale d'inscription (BDNI) et le Système électronique de déclaration
des initiés (SEDI). Qui plus est, les Autorités canadiennes en valeurs
mobilières (ACVM) ont entrepris le Projet d'uniformisation de la législation
en valeurs mobilières, démarche d'envergure visant à refondre les lois
et les règlements sur les valeurs mobilières des provinces et des territoires
afin d'en éliminer la plupart des divergences.
Bien que les progrès réalisés en matière d'harmonisation de la réglementation
ne sont pas négligeables, bon nombre de participants aux marchés des capitaux
réclament une réforme globale du régime canadien de réglementation des
valeurs mobilières. Le soutien actif et le concours des gouvernements
provinciaux et territoriaux sont essentiels au succès d'une telle réforme.
À la mi-février 2003, les ministres responsables des valeurs mobilières
du Québec, de l'Ontario, de l'Alberta et de la Colombie-Britannique se
sont rencontrés pour discuter de la possibilité pour les provinces et
les territoires d'entreprendre cette réforme. Au cours des rencontres
suivantes, tous les ministres provinciaux et territoriaux se sont engagés
personnellement à réformer en profondeur le régime de réglementation des
valeurs mobilières en vigueur en s'appuyant sur les travaux réalisés par
leurs organismes de réglementation. Ils se sont fixé un calendrier ambitieux
: ils visent le développement d'un plan d'action concret pour la mise
en place d'une démarche provinciale-territoriale d'ici le 30 septembre
2003.
Parallèlement au projet de réforme provincial-territorial, le gouvernement
fédéral a mis sur pied le Comité de personnes averties, comité de sept
personnes chargé de définir les améliorations à apporter au régime canadien
de réglementation des valeurs mobilières en vue de présenter un rapport
au ministre fédéral des Finances au plus tard le 30 novembre 2003. Sa
mise sur pied fait suite à une recommandation formulée par M. Harold MacKay
dans son rapport remis au ministre fédéral des Finances, M. John Manley,
en novembre 2002. Or, bien que les travaux du Comité fédéral de personnes
averties puissent constituer une source d'inspiration pour le projet interprovincial
de réforme du régime de réglementation des valeurs mobilières, l'initiative
d'une réforme doit venir des provinces et des territoires, puisque le
domaine des valeurs mobilières est de compétence provinciale.
Le projet de réforme interprovincial pourrait en outre bénéficier de la
contribution du rapport final du Comité d'étude de cinq ans, publié récemment,
qui se penche sur l'examen de la Loi sur les valeurs mobilières de l'Ontario
de même que du projet de législation publié pour consultation par la British
Columbia Securities Commission et intitulé Securities regulation that
works - the BC Model.
Haut
1.2
Objectif du projet interprovincial de réforme du régime de réglementation
des valeurs mobilières
Les ministres ont défini l'objectif du projet
de réforme comme suit:
Élaborer un régime de réglementation des valeurs mobilières provincial-territorial
qui inspire confiance aux investisseurs et soutient la compétitivité,
l'innovation et la croissance grâce à une réglementation efficace, efficiente,
simplifiée et d'application facile pour les investisseurs et les autres
participants au marché.
Haut
1.3
Principles of the Inter-Provincial Securities Initiative
Les ministres ont également posé les principes
énoncés ci-dessous qui serviront à évaluer la pertinence et l'efficacité
des changements envisagés.
- L'application efficace et constante des
normes de protection des investisseurs
les plus élevées ;
- La mise en œuvre d'une réglementation
efficace, efficiente et simplifiée;
- La capacité d'adaptation à l'évolution
des marchés;
- La transparence, l'accessibilité et la
responsabilité à l'égard des parties
intéressées, dans une structure clairement établie de reddition de comptes
auprès des autorités publiques;
- L' "harmonisation " des lois et des
règlements en valeurs mobilières et la
définition de paramètres encadrant les exceptions reflétant les particularités
locales et régionales.
Un nouveau cadre réglementaire doit constituer
une amélioration notable par rapport au régime en place et répondre à
la plupart des préoccupations des parties intéressées, voire à toutes.
Haut
2.0 Préoccupations
relatives au régime de réglementation actuel
Les grandes préoccupations des participants
au marché en ce qui a trait au régime de réglementation actuel s'articulent
notamment autour des thèmes suivants : améliorer l'efficacité des dispositions
réglementaires visant les émetteurs, les personnes inscrites et les autres
participants; adapter la réglementation aux réalités de l'heure, la simplifier
en vue d'alléger le fardeau réglementaire des participants au marché et
améliorer l'application de la loi. La présente partie donne un aperçu
de certaines questions d'ordre général dans un premier temps, et ensuite
expose les questions particulières. Les tableaux intégrés dans le texte
présentent les multiples travaux entrepris par les ACVM en réponse à ces
questions.
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2.1 Questions
d'ordre général
Coexistence de lois différentes
Au fil des années, les émetteurs
assujettis et les spécialistes des valeurs mobilières exerçant des activités
dans plusieurs juridictions ont constaté qu'il faut engager des frais
directs et indirects considérables pour relever les divergences entre
les lois, les règlements et les procédures administratives des provinces
et s'y conformer.
Pour remédier à ce problème, les ACVM ont notamment harmonisé une part
appréciable des obligations réglementaires. En outre, elles ont récemment
mis sur pied un comité réunissant des présidents et des vice-présidents
de commissions de valeurs mobilières en vue d'élaborer et de proposer
des lois uniformes sur les valeurs mobilières qui s'appliqueraient dans
l'ensemble du Canada. Le comité a examiné la législation en valeurs mobilières
en vigueur au Québec, en Ontario, au Manitoba, en Alberta et en Colombie-Britannique
pour y relever les dispositions les plus pertinentes. Le 30 janvier 2003,
les ACVM ont publié un document énonçant les propositions des autorités
en valeurs mobilières en vue d'uniformiser la législation (voir le tableau
2.1 Projet d'uniformisation de la législation en valeurs mobilières).
Il est entendu, dans le cadre du Projet d'uniformisation de la législation
en valeurs mobilières, que pour maintenir l'uniformité, dans l'éventualité
où une telle législation serait mise en œuvre, il importerait d'établir
une procédure pratique et rapide en vue de formuler et d'adopter des modifications
législatives communes.
2.2.5
Questions de réflexion sur les problèmes concernant le régime de réglementation
actuel
Les questions qui suivent, ainsi que celles
figurant ci-dessous, peuvent servir à la formulation des observations.
Q1 Êtes-vous préoccupés par les
problèmes décrits dans ce document et, si oui, croyez-vous qu'ils justifient
des changements à la structure d'encadrement? Y a-t-il d'autres problèmes
relatifs au régime actuel de réglementation des valeurs mobilières que
le présent document n'aborde pas, mais qu'il faudrait prendre en compte
dans un nouveau régime?
Q2 Quels problèmes relevés dans le présent document concernant le
régime doivent être traités en priorité dans le cadre du projet de réforme?
Q3 Les projets réglementaires actuellement mis en œuvre par les autorités
en valeurs mobilières dans le cadre des ACVM parviennent-ils à résoudre
les problèmes définis dans le présent document concernant le régime de
réglementation actuel? Quels problèmes subsistent et devraient faire l'objet
des travaux des ministres?
Q4 Outre la réduction des doubles emplois, dans quelle mesure l'adaptation
et la simplification des obligations réglementaires sont-elles des facteurs
déterminants du succès d'un nouveau régime de réglementation des valeurs
mobilières?
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3.0 Nouveau
régime de réglemenation des valeurs mobilières
Les ministres sont fermement déterminés à
améliorer de façon fondamentale le régime actuel de réglementation des
valeurs mobilières du Canada.
Le présent document de travail expose un régime de passeport que les ministres
ont convenu de soumettre à la consultation à titre de solution pratique
et opportune aux problèmes soulevés par les parties intéressées1.
Les ministres considèrent qu'il est essentiel de consulter les parties
intéressées dans le cadre de l'élaboration d'une démarche qui constituerait
la réalisation d'une étape importante en vue d'atteindre les objectifs
communs concernant le régime de réglementation des valeurs mobilières
au Canada.
Sous le régime de passeport, l'administration des règles d'accès au marché
ne relèverait que d'une seule autorité pour chacun des participants. Le
degré d'harmonisation des lois sur les valeurs mobilières d'une juridiction
à l'autre serait un facteur déterminant pour l'adoption du régime de passeport
par les juridictions. Si les lois ne sont pas considérablement harmonisées,
le risque qu'une juridiction refuse de participer au régime ou s'en retire
serait plus grand étant donné l'insatisfaction à l'égard de l'application
de lois différentes.
On peut définir l'harmonisation comme un ensemble de lois et règlements
uniformes dans la mesure du possible d'une juridiction à l'autre et visant
les mêmes buts lorsque l'uniformité n'est pas possible. Par ailleurs,
on peut soutenir que l'harmonisation pourrait plutôt s'appuyer sur un
ensemble commun de principes prévus, par exemple, pour donner aux investisseurs
un niveau de protection équivalent et qui évite d'imposer des exigences
conflictuelles aux participants au marché. Les provinces aimeraient recevoir
les commentaires des intéressés quant au niveau requis d'harmonisation
pour atteindre le but fixé par les ministres, c'est-à-dire :
soutenir la confiance des investisseurs,
la compétitivité, l'innovation et la croissance grâce à une réglementation
efficace, efficiente, simplifiée et d'application facile pour les investisseurs
et les autres participants au marché.
Au cours de leurs délibérations initiales,
les ministres ont en outre examiné plusieurs autres modèles possibles
pouvant servir de base à une nouvelle structure de réglementation. Deux
des options envisagées, à savoir une autorité fédérale unique et la coexistence
d'un régime fédéral et d'un régime provincial (semblable à celui des États-Unis)
ont été rejetées parce qu'ils ne respectent pas les compétences des provinces
et territoires en matière de valeurs mobilières. La partie suivante donne
une description plus détaillée du régime de passeport, puis explique en
quoi ce régime est conforme aux principes qui sous-tendent cette démarche
(voir la partie 1.3) et comment il règlerait les problèmes soulevés (voir
les parties 2.0 et 2.2).
1
L'Ontario
est favorable à une consultation portant sur le régime de passeport mais
considère que l'adoption d'un tel système ne constituerait qu'une amélioration
modeste. En effet, l'Ontario considère que ce modèle n'apporte pas une
solution suffisante aux préoccupations des émetteurs et inscrits nationaux
et internationaux. De même, l'Ontario considère qu'une autre approche
basée sur une autorité unique provinciale-territoriale et des lois uniformes
ou très harmonisées à presque tous les points de vue, qui inclurait un
processus bien défini pour modifier les lois et pour adopter des règles
d'application locales, rendrait les marchés des capitaux plus attirants
pour les participants locaux et étrangers et assurerait des niveaux de
protection des consommateurs élevés et uniformes partout au Canada. Aussi,
l'Ontario croit qu'il serait bénéfique que la consultation porte également
sur cet autre modèle.
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3.1 Régime
de passeport
Description
En vertu d'un régime de passeport,
la législation autoriserait les juridictions à conclure des ententes qui
permettraient à l'autorité d'un territoire hôte de confier à celle d'un
territoire principal la charge de s'acquitter de ses obligations de surveillance
à l'égard des règles d'accès au marché (Un territoire hôte désigne la
province ou le territoire dans lequel le participant au marché exerce
ses activités ou émet des titres. L'autorité principale est l'autorité
responsable de la surveillance du participant au marché. Les participants
au marché comprennent les émetteurs et les inscrits). Ce régime serait
relativement simple à mettre en application et pourrait être adopté rapidement
étant donné qu'il s'inspire de la structure réglementaire et du régime
d'examen concerté existants.
Les inscriptions et dépôts de documents permettant l'accès aux marchés
de l'ensemble ou d'une partie des provinces et territoires se feraient
uniquement auprès de l'autorité principale pour toutes les juridictions
visées, conformément aux règles du territoire principal.
Les exigences de dépôt de documents du territoire principal seraient réputées
être celles du territoire hôte pour l'application de la législation du
territoire hôte. Un dépôt effectué dans le territoire principal serait
réputé effectué dans le territoire hôte. Il en serait de même pour l'approbation
de l'autorité du territoire principal, sous réserve de l'acquittement
des droits exigibles, lequel serait effectué dans le cadre d'une seule
transaction électronique.
Les provinces et territoires participant au régime de passeport doivent
se fonder sur le régime législatif harmonisé existant afin que les investisseurs
et autres participants au marché bénéficient de règles cohérentes dans
chacune des juridictions participantes. Des processus et des mécanismes
visant le maintien d'un régime législatif harmonisé seraient élaborés
afin de préserver et d'accroître l'harmonisation avec le temps. Les ministres
sont déterminés à travailler de concert avec les autorités afin que les
projets de modification à la législation soient étudiés dans les meilleurs
délais.
Désignation de l'autorité principale
L'autorité principale serait désignée au moyen d'indicateurs convenus
à l'avance, tels que l'emplacement du siège, le lieu de la constitution
en société ou de l'activité économique du participant au marché assujetti
à la réglementation.
Un indicateur autre que le lieu de la constitution en société serait utilisé
pour désigner l'autorité principale des participants au marché constitués
sous le régime fédéral. L'autorité principale pour les participants au
marché non résidents serait choisie en fonction d'indicateurs courants
tels que l'emplacement de l'activité économique principale ou l'emplacement
du bureau principal au Canada.
Les provinces et les territoires ne seraient pas tous tenus d'agir comme
territoire principal. Si l'un d'eux décidait de ne pas être territoire
principal, il pourrait (aux termes d'un protocole d'entente) choisir de
déléguer ou de confier à un territoire principal la responsabilité de
réglementer tous les participants au marché, ou de confier cette responsabilité
à un autre territoire le cas échéant, selon les circonstances. Dans tous
les cas, le territoire principal appelé à assumer cette responsabilité
se réserverait le droit de refuser de réglementer un participant au marché
en particulier.
Questions relevant de l'autorité principale
Dans le régime de passeport, le participant au marché qui remplit
les exigences de l'autorité du territoire principal en matière d'accès
au marché se trouverait, par le fait même, à remplir celles de chaque
juridiction.
L'autorité principale aurait notamment les responsabilités suivantes à
l'égard des émetteurs : la délivrance des visas de prospectus ou l'octroi
des dispenses, l'examen et l'analyse de l'information continue et la surveillance
des opérations d'initiés. Par conséquent, les émetteurs seraient uniquement
tenus de se conformer aux exigences de l'autorité principale, notamment
celles sur les sollicitations de procurations, les opérations entre personnes
reliées et en matière de gouvernance.
À l'égard des inscrits (courtiers, conseillers, sociétés de fonds communs
de placement, représentants et marchés), l'autorité principale aurait
les responsabilités suivantes : l'inscription et le contrôle de la conformité
aux exigences d'inscription, telles que la solvabilité et la compétence.
Chaque juridiction s'en remettrait principalement à l'autorité principale
pour l'application des règles d'accès au marché (aux termes d'un protocole
d'entente). Par conséquent, les plaintes seraient transférées à l'autorité
principale afin qu'elle ouvre une enquête et qu'elle prenne les mesures
d'application requises.
Questions relevant de l'autorité hôte
Les autorités locales sont les mieux placées pour recevoir les plaintes
des investisseurs. Les relations entre les investisseurs et les participants
au marché seraient donc toujours régies par l'autorité et les tribunaux
de la juridiction de l'investisseur sur
la base des lois locales de cette juridiction. Ainsi, l'investisseur
lésé par un participant au marché ayant accédé au marché grâce au passeport
déposerait une plainte auprès de l'autorité de sa juridiction ou demanderait
à cette dernière d'ouvrir une enquête.
En ce qui concerne les règles d'accès au marché, l'autorité hôte serait
uniquement tenue de prendre des mesures d'application si elle était insatisfaite
de celles prises par l'autorité principale. L'investisseur qui voudrait
exercer un recours contre un participant au marché le ferait devant les
tribunaux de sa juridiction.
Comme c'est le cas à l'heure actuelle, l'entité qui tenterait d'exercer
des activités sur un marché sans s'être inscrite ou sans avoir déposé
les documents requis serait assujettie aux lois sur les valeurs mobilières
et aux mesures d'application prises aux termes de celles-ci.
Satisfaction des besoins à l'échelle locale ou régionale
Les provinces et les territoires considèrent qu'il est dans leur intérêt
de maintenir leur capacité de satisfaire les besoins des marchés des capitaux
à l'échelle locale ou régionale en prenant des mesures novatrices. Les
sociétés de capital de démarrage et les sociétés à capital de risque de
travailleurs, par exemple, ont d'abord été introduites dans une province
avant d'être acceptées dans d'autres juridictions. Dans un environnement
complexe et en constante évolution, l'innovation réglementaire peut constituer
un outil important pour assurer l'efficacité d'une réglementation.
Les principes qui permettraient de s'écarter de mesures harmonisées pourraient
faire l'objet d'un accord au préalable, et assureraient l'intégrité du
régime de passeport.
Par exemple, la province ou le territoire souhaitant introduire une mesure
novatrice devrait:
- juger si la mesure est nécessaire à l'atteinte
d'un objectif visé par une politique;
- évaluer comment en minimiser l'incidence
sur les autres juridictions;
- évaluer comment en minimiser l'incidence
sur l'efficacité du régime de passeport interprovincial ou interterritorial;
- analyser la possibilité d'une application
restrictive au marché canadien;
- soumettre la mesure à une obligation de
réexamens périodiques.
Les projets de règlements locaux seraient
examinés par les ACVM afin d'évaluer la possibilité d'une adoption pancanadienne.
Les ministres seraient informés de toutes ces initiatives.
Gouvernance et responsabilité
Les ministres demeureraient responsables, envers leurs mandants, de
la qualité de la réglementation des valeurs mobilières.
Les structures de réglementation existantes demeureraient en place mais
seraient complétées et améliorées par des mécanismes visant à appliquer
les principes mentionnés dans le présent document (voir la partie 1.3).
Les ministres provinciaux et territoriaux responsables de la réglementation
des valeurs mobilières se réuniraient périodiquement pour:
- réévaluer leurs objectifs à l'égard du
régime de réglementation des valeurs mobilières;
- maintenir et accroître l'harmonisation
des lois sur les valeurs mobilières;
- les examens périodiques annuels ou bisannuels
de la législation en valeurs mobilières;
- surveiller l'état et l'application du
régime de passeport;
- réagir aux grandes questions internationales
Les hauts fonctionnaires se réuniraient au
moins deux fois par année pour:
- évaluer l'état et l'application du nouveau
régime de réglementation;
- formuler des recommandations en vue d'atteindre
les objectifs visés et d'appliquer les principes approuvés par les ministres;
- réagir aux grandes questions internationales.
Les ACVM élaboreraient des règlements uniformes
et prendraient d'autres mesures compatibles avec les objectifs visés et
les principes approuvés par les ministres.
Évaluation du régime de passeport en regard des principes du comité
1. L'application des normes de protection des investisseurs les plus
élevées qui soient
Des autorités qui disposent d'un personnel compétent, qualifié et
très au fait des marchés locaux favorisent le respect de normes élevées
en matière de protection des investisseurs dans leur juridiction respective.
Les questions qui ont clairement une portée multi-juridictionnelle ou
nationale nécessiteraient la collaboration du personnel responsable de
leur application dans chacune des juridictions visées et, possiblement,
la tenue d'audiences conjointes.
L'application de lois et de règlements harmonisés par un personnel compétent
assurerait la protection de tous les investisseurs canadiens par des normes
équivalentes.
Comme les autorités locales sont les mieux placées pour recevoir les plaintes
des investisseurs, les relations entre les participants au marché et les
investisseurs seraient toujours régies par l'autorité et les tribunaux
de la juridiction de l'investisseur.
2. La mise en œuvre d'une réglementation efficace, efficiente et simplifiée
Les participants au marché n'auraient à apprendre et à respecter qu'un
seul ensemble de règles d'accès au marché et, concernant leur application,
n'auraient généralement à traiter qu'avec une seule autorité en valeurs
mobilières, puisque l'autorité hôte ne prendrait des mesures d'application
que si elle était insatisfaite de celles prises par l'autorité principale
(voir plus haut). L'application d'un seul ensemble de règlements par une
seule autorité éliminerait l'obligation actuelle pour les participants
au marché de faire affaire avec plusieurs autorités pour accéder aux marchés.
Pour leur part, les investisseurs continueraient à observer la réglementation
et à traiter avec l'autorité en valeurs mobilières de leur seule juridiction.
Ainsi, le régime de passeport conserverait tout à la fois l'avantage que
représente l'accès aux services d'experts locaux en matière de réglementation
dans chaque juridiction.
La réglementation serait par ailleurs simplifiée, le régime de passeport
étant relativement simple à mettre en application puisqu'il s'inspire
de la structure réglementaire et du régime d'examen concerté existants.
3. La capacité d'adaptation à l'évolution des marchés
L'adoption d'un processus élaboré de modification des lois et des
règlements améliorerait la capacité d'adaptation à l'évolution des marchés.
Les ACVM pourraient continuer de jouer un rôle important à cet égard,
en ayant, par exemple, un mandat plus étendu qui leur permettrait de passer
en revue la création de nouveaux produits et procédés et d'atteindre un
consensus quant aux améliorations recommandées.
4. La transparence, l'accessibilité et la responsabilité à l'égard
des parties intéressées, dans une structure clairement établie de reddition
de comptes auprès des autorités publiques
L'adoption de lois harmonisées favoriserait la transparence du régime
de réglementation en matière d'accès au marché grâce à l'élimination des
divergences entre les textes des différentes juridictions à l'origine
de difficultés en matière de conformité et d'application de la loi. Les
gains, sur le plan de l'efficience, pouvant être tirés d'une meilleure
harmonisation permettraient de réduire les coûts et d'améliorer l'accès
des émetteurs aux marchés des capitaux. De plus, les participants et les
investisseurs bénéficieraient encore des services d'experts en matière
de réglementation locale. L'obligation de reddition de comptes auprès
des autorités publiques élues serait maintenue par l'établissement des
axes de responsabilité.
Les investisseurs continueraient de s'adresser à l'autorité de leur juridiction,
rendant ainsi le régime de réglementation d'utilisation simple. L'investisseur
qui voudrait exercer un recours contre un participant au marché le ferait
devant les tribunaux de sa juridiction.
5. L'harmonisation des lois et des règlements sur les valeurs mobilières
et la définition des exceptions permettant les particularités locales
et régionales
L'harmonisation la plus complète possible des lois faciliterait l'adoption
d'un régime de passeport efficace et, par le fait même, la collaboration
et la reconnaissance mutuelle.
L'application de lois harmonisées réduirait les doubles emplois au sein
du régime de réglementation, le simplifierait dans son ensemble et permettrait
d'amoindrir le manque de cohérence dans l'information publiée à l'intention
des investisseurs. Cependant, l'harmonisation en soi ne réduit pas nécessairement
la complexité effective des obligations réglementaires.
Évaluation du régime de passeport en regard des préoccupations relatives
au régime de réglementation actuel
L'adoption du régime de passeport permettrait de régler les principaux
problèmes soulevés au fil des ans par les participants au marché, soit
qu'il est coûteux et inefficace d'avoir à s'adresser à plusieurs autorités
provinciales et territoriales et de devoir se conformer à plusieurs législations
afin d'avoir accès au marché des valeurs mobilières. L'adoption du régime
de passeport et l'harmonisation des lois ainsi que l'application de systèmes
électroniques tels que la BDNI et SEDAR permettraient la mise en application
d'un vrai guichet unique, c'est-à-dire la capacité de traiter avec une
seule autorité pour s'inscrire ou effectuer un dépôt de documents dans
plus d'une juridiction. Bien que les participants au marché seraient toujours
tenus d'acquitter les droits de dépôt exigibles dans les territoires hôtes,
le processus s'en trouverait considérablement simplifié.
Les émetteurs assujettis (et leurs initiés) ne seraient tenus de déposer
leurs documents qu'auprès d'une seule autorité, n'auraient qu'une seule
série d'exigences de prospectus et d'obligations d'information à laquelle
se conformer, et soumettraient leurs documents et demandes de dispense
de l'application des lois qu'à une autorité aux fins d'examen et d'approbation.
Les autres juridictions s'en remettraient aux décisions prises par l'autorité
principale, solutionnant ainsi l'un des problèmes soulevés par les émetteurs
assujettis, soit que le système actuel de dépôt de prospectus et de documents
d'information continue dans plusieurs juridictions engendre des coûts
ou des retards.
L'adoption du régime de passeport favoriserait un développement harmonisé
de la réglementation. Comme le régime se fonde sur la reconnaissance par
une juridiction des décisions prises par une autre, conformément aux règlements
applicables, les juridictions auront beaucoup plus tendance à accepter
les décisions prises par d'autres si la réglementation est harmonisée.
Par conséquent, l'adoption d'une structure établie visant à coordonner
les modifications apportées à l'avenir aux lois harmonisées viendrait
assurer que les participants au marché et les investisseurs puissent continuer
de tirer profit de l'harmonisation et d'un régime de réglementation des
valeurs mobilières souple et apte à soutenir les pressions des marchés
des capitaux.
En ce qui a trait à la prise de mesures d'application, le territoire principal
demeurerait responsable à l'égard de ses participants au marché, dans
la mesure où les règles d'accès au marché sont visées. Les territoires
hôtes laisseraient l'autorité principale prendre les mesures d'application
pour ces questions. À l'heure actuelle, aucune disposition législative
n'habilite une autorité à en reconnaître une autre pour prendre des mesures
d'application en son nom. L'harmonisation viendrait faciliter l'application
d'un ensemble de règles cohérentes d'accès au marché. Les juridictions
continueraient de collaborer avec les autres autorités à l'égard des contrevenants
transfrontaliers. Les investisseurs seraient ainsi assurés de ne traiter
qu'avec les autorités et tribunaux locaux.
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3.1.1
Questions relatives au régime de passeport
Les questions qui suivent pourront servir
à la formulation des observations.
Q5 Le régime de passeport règlerait-il
en grande partie les problèmes liés à la structure réglementaire soulevés
dans le présent document? Sinon, quels problèmes resteraient à régler?
Q6 D'autres éléments pourraient-ils être prévus par le régime de
passeport afin de régler ces problèmes?
La volonté des juridictions de participer à un régime de passeport,
qui s'appuie sur les lois et les décisions des autres juridictions en
ce qui concerne l'accès au marché, repose sur un niveau d'harmonisation
des lois et règlements suffisant.
Q7 Quels éléments de la réglementation sur les valeurs mobilières
sont les plus importants à harmoniser dans toutes les juridictions?
Q8 Quel degré d'"harmonisation " est nécessaire pour que le
régime de passeport soit une réussite?
Q9 Quels devraient être les principes permettant de s'écarter des
normes harmonisées?
Q10 D'autres éléments pourraient-ils être prévus en vue d'améliorer
le système de gouvernance proposée?
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4.0 Conclusion
Les ministres provinciaux et territoriaux
estiment que la vitalité de l'économie canadienne est tributaire de l'application
d'un régime de réglementation des valeurs mobilières efficace, simplifié
et efficient, soutenant la confiance des investisseurs et facilitant la
collecte de capitaux. La formulation d'observations par les parties intéressées
au sujet des problèmes que soulève le régime actuel et du régime de passeport
proposé en vue d'y remédier constitue une étape importante dans l'atteinte
de l'objectif commun, soit l'adoption d'un régime de réglementation des
valeurs mobilières amélioré pour le bénéfice de tous les Canadiens.
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